Commission des Antiquités du département de la Côte-d’Or

Fiche rédigée par : Alain Rauwel, secrétaire-adjoint de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon

Création

Logo, Commission des Antiquités du département de la Côte-d'OrEn 1783, les Élus de Bourgogne, commission permanente des États de la province, faisaient le choix de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon pour recevoir en dépôt les objets trouvés au cours des travaux qu’ils ordonnaient : « médailles, monnaies anciennes et autres curiosités soit historiques soit naturelles » devaient désormais être remises au secrétaire afin que celui-ci les plaçât dans le cabinet de la compagnie.

Passent les années de la Révolution et de l’Empire. En 1819, le préfet Stanislas de Girardin, devant effectuer pour son ministre « des recherches exactes sur les monuments et les antiquités », s’adressa aussitôt à l’Académie qui désigna cinq commissaires parmi ses membres et des correspondants dans chaque arrondissement. Le 8 septembre, un arrêté préfectoral instituait la Commission des Antiquités du département de la Côte-d’Or.

En 1830, une autre commission est formée, indépendante de l’Académie, mais toujours placée sous l’autorité du préfet.
 

Travaux marquants

Les plus anciens volumes des Mémoires de la Commission  comportent essentiellement des séries de longues études, dont plusieurs font autorité sur des sujets importants : le rapport sur les fouilles d’une nécropole burgonde à Charnay-lès-Mâcon, par Baudot, est célèbre pour l’extraordinaire qualité de ses planches en couleurs.
 
[Saint-Bénigne de Dijon] : [dessin]
Saint-Bénigne de Dijon (source : BnF-Gallica)
Le relevé des inscriptions de Saint-Bénigne par Dumay est un des classiques de l’épigraphie ; les monographies de d’Arbaumont sur les collégiales de Dijon, Sainte-Chapelle et Chapelle-aux-Riches, valent chacune un gros ouvrage. Le travail de Foisset sur l’église des Jacobins, quant à lui, garde trace de ce monument disparu. Dans les volumes suivants, les précis analytiques des séances occupent plus de place. Ils rassemblent une quantité considérable de petit notes, très bien indexées, qui restent indispensables pour tout travail d’archéologie bourguignonne – il n’est que de voir combien la récente Carte archéologique de la Côte-d’Or en a fait usage.

L’orateur le plus régulier, dans les années 1920 à 1940, fut le chanoine Chaume, qui a éclairci là des dizaines de problèmes. Dans le même temps, la Commission veillait sur les fouilles des Sources de la Seine et certaines des fouilles d’Alésia, notamment celles de la Croix-Saint-Charles.

Dès l’après-guerre, les éléments d’histoire topographique du Vieux Dijon, par Jean Richard, ont fait date, de même que bien d’autres communications.
 

Les publications

Les Mémoires existent depuis 1832. La série en est aujourd’hui au tome 40 (2002-2004). Ils ont d’abord formé une luxueuse suite au format in-4°, avant de se rabattre sur un format in-8° en 1922. Chaque volume couvre en moyenne entre deux et cinq ans d’activités.

Les Cartulaires de Molesmes publiés par Jacques Laurent entre 1907 et 1911 ont paru sous le patronage de la Commission. Enfin, la thèse d’Yves Beauvalot (voir le résumé) sur la construction du Palais des États et de la Place Royale de Dijon a été diffusée en 1981 sous la forme d’un numéro spécial des Mémoires.
Henri Baudot, le fils du grand archéologue et mémorialiste Louis-Bénigne, fut au XIXe siècle un président inamovible de la Commission.

Les auteurs des grands classiques de l’histoire locale, Henri Chabeuf ou Eugène Fyot, furent vers 1900 des membres extrêmement assidus, qui présentèrent de nombreuses communications. Au même moment, l’archéologie était représentée par Henry Corot, qui lança en Côte-d’Or les recherches sur les tumulus.

À côté de ces graves savants, les ecclésiastiques étaient nombreux, et fort actifs : le chanoine Denizot, le chanoine Chaume, plus tard le chanoine Marilier. Des militaires consacraient aussi leurs loisirs aux vieilles pierres et aux chartes. C’était pour les sociétés savantes le temps des notables.
Intégrée depuis les années 1920 à l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, la Commission poursuit ses travaux et recherches. Elle les suscite et en diffuse les résultats au cours de séances mensuelles toujours très suivies où les questions abordées vont de la préhistoire aux périodes contemporaines, notamment par le biais de l’archéologie industrielle ou de l’ethno-archéologie.

L’Antiquité romaine et le Moyen Âge se partagent logiquement la vedette. Réseaux viaires, agglomérations, architecture, statuaire, lieux et objets de culte, peinture murale, forteresses et châteaux… sont parmi les thèmes les plus régulièrement étudiés.

Coordonnées

5, rue de l’École-de-Droit 21000 - Dijon
Tél. : 03 80 54 22 93 / 09 64 43 97 11
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www.acascia-dijon.fr
Archives départementales de Côte-d’Or
Répertoire numérique du fonds de la Commission des Antiquités du département de la Côte-d’Or